Mondial 2026 : entre ferveur retrouvée et scepticisme lié à la politique américaine
Par OnzeActu · · 3 min de lecture

La prochaine Coupe du Monde de football, qui aura lieu aux États-Unis, au Canada et au Mexique, promet un événement grandiose avec 48 équipes. Cependant, des politiques d'immigration restrictives, des difficultés d'accès pour certaines délégations africaines et le contexte géopolitique jettent une ombre sur le tournoi, suscitant inquiétudes et scepticisme chez de nombreux supporters et observateurs.
La dernière fois que les États-Unis avaient accueilli une Coupe du Monde de football, en 1994, l'événement avait déjà marqué les esprits par des moments inattendus. À l'ouverture, la star américaine Diana Ross, invitée à conclure son spectacle en tirant un penalty symbolique en direct, avait manqué le cadre, provoquant autant de sourires que de moments de flottement sur la perception du soccer outre-Atlantique. Près de 30 ans plus tard, le pays remet le couvert, cette fois associé au Mexique et au Canada pour organiser la plus grande Coupe du Monde jamais tenue, avec 48 équipes participantes.
Ce retour s'accompagne cependant d'une certaine ambivalence. Si la Coupe du Monde est souvent perçue par les fans comme une grande fête universelle, offrant l'occasion de découvrir des pays aussi variés que le Qatar, la Corée du Sud ou l'Afrique du Sud, la 2026 s'ouvre sur un climat différent, teinté de difficultés d'accès et de tensions politiques. L'élargissement du tournoi est un combat dans les priorités de la FIFA, visant à sortir la compétition de ses bastions traditionnels, l'Europe et l'Amérique Latine, pour favoriser le développement global du football.
Mais la politique américaine vient freiner cet élan. À quelques semaines du coup d'envoi, certaines nations qualifiées, comme l'Algérie, la Tunisie, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Cap-Vert, ont appris que des restrictions de visa initialement appliquées à leurs citoyens étaient temporairement levées, uniquement pour les détenteurs de billets, rendant difficile l'accès au tournoi pour une partie des supporters. Cette mesure tardive révèle les tensions persistantes. De plus, l'Iran a dû déplacer précipitamment son camp d'entraînement au Mexique en raison du conflit militaire avec les États-Unis.

Par ailleurs, dans certaines diasporas américaines notamment, la méfiance se fait sentir. Selon l'American Civil Liberties Union, la politique du gouvernement Trump a généré un climat d'hostilité envers les immigrants, associée à un risque d'arrestations, de détentions et de déportations renforcées, ce qui refroidit les ardeurs des fans traditionnellement très présents, comme cela avait été le cas lors du Mondial 1994.
L'expansion du tournoi de 32 à 48 équipes autorise la présence de nations inédites, telle que Curaçao ou le Cap-Vert, apportant plus de diversité. Cependant, l'absence de pays majeurs, comme l'Italie – double championne du monde – ou le Nigeria, prive la compétition de certaines grandes scènes footballistiques et de la ferveur associée.
Le calendrier chargé du football moderne et la montée en puissance des compétitions de clubs prestigieux comme la Ligue des Champions ou la Premier League anglaise, qui captivent les audiences neuf mois par an, questionnent aussi la place de la Coupe du Monde renforcée. Si les exploits de nations comme le Maroc (demi-finaliste 2022) ou la Corée du Sud (demi-finaliste en 2002) galvanisent, la qualité du jeu doit rester au rendez-vous. D'autant que les joueurs des grandes nations, souvent issus de clubs performants tels que le Paris Saint-Germain, disposent de peu de temps d'entraînement ensemble.
À quelques jours du début, Lionel Messi, argentin, et Kylian Mbappé, français, inquiètent leurs sélections respectives par leur état de forme fragile. Pour l'équipe américaine, au-delà du terrain, le défi est double : convaincre les sceptiques domestiques et présenter un visage plus accueillant au monde, dans un contexte marqué par le doute et la politique.