Shinji Ono, la légende japonaise de Feyenoord : « Maradona n’a jamais reçu autant d’attention que moi »
Par OnzeActu · · 3 min de lecture

À l’approche du match Pays-Bas – Japon au Mondial 2026, focus sur Shinji Ono, talentueux milieu japonais et grand artisan du sacre européen de Feyenoord en 2002. Il revient sur la pression médiatique au Japon, son évolution aux Pays-Bas et le rayonnement de Feyenoord dans son pays natal.
À l’occasion du prochain duel Pays-Bas – Japon dans le cadre de la Coupe du Monde 2026, les projecteurs se braquent une nouvelle fois sur Shinji Ono. Considéré par beaucoup comme le plus élégant footballeur japonais ayant foulé les pelouses européennes, Ono reste, deux décennies après la victoire de la Coupe UEFA 2002, un visage incontournable du football nippon et de Feyenoord.
Derrière son sourire discret, l’international japonais évoquait déjà à l’époque, dans une interview accordée à Martijn Krabbendam, la pression et les exigences qu’il subissait, que ce soit au Japon durant sa jeunesse ou aux Pays-Bas avec Feyenoord. Face aux attentes élevées de son coach Bert van Marwijk, Ono devait assumer un leadership naturel, hérité de ses années formatrices au Japon : « À l’école, j’ai été capitaine simplement grâce à mes qualités de footballeur, mais le rôle de leader est très différent ici et là-bas… J’ai beaucoup appris, surtout mentalement. »
Habitué à la rigueur nippone – jusqu’à recevoir des punitions physiques après une défaite à l’école –, il a dû s’adapter au style tactique et à la mentalité néerlandaise. D’abord observateur lors de ses débuts à Feyenoord, il s’est progressivement imposé comme un joueur clé, trouvant ses marques aux côtés de Paul Bosvelt et s’adaptant à un poste plus reculé que celui de numéro 10 qu’il affectionnait au Japon.
Malgré la critique récurrente sur un supposé manque d’investissement, Shinji Ono s’est toujours astreint à donner le meilleur : « J’essaye de jouer simple, parfois ça ne fonctionne pas et on dit que je suis nonchalant… Mais c’est ma façon d’aborder le jeu. » À Feyenoord, il souhaitait franchir un cap et faire grimper ses statistiques, surtout en buts inscrits : « Jamais plus de neuf buts par saison, c’est trop peu. Là, je suis déjà à cinq… »

Véritable phénomène suivi partout par les médias nippons, il raconte l’engouement dont il fait l’objet dans son pays, bien supérieur même à celui reçu par Diego Maradona selon l’ancien joueur Zeljko Petrovic : « Au Japon, les photographes me suivent partout, Maradona n’avait pas droit à autant d’attention… »
Son choix de rejoindre Feyenoord plutôt qu’un autre club – alors qu’il était courtisé par la moitié de la J-League – résulte d’une volonté d’évolution et d’une passion pour les clubs populaires, proches de leurs supporters. « Urawa, comme Feyenoord, c’est une ambiance unique portée par des fans incroyables. »
Ono révèle combien Feyenoord est aujourd’hui une référence au Japon, les matches étant diffusés en direct et suivis dans tout le pays. Il note également la croissance fulgurante du football japonais, dont il fut un pionnier avec Hidetoshi Nakata.
Ses souvenirs principaux restent liés à la victoire en Coupe UEFA 2002 et à son assistance décisive sur le but de Jon Dahl Tomasson en finale. « Une finale à De Kuip, c’était exceptionnel. Cette saison européenne aura marqué ma carrière. »
Reconnaissant envers ses coéquipiers et le public néerlandais, il souligne avoir grandi aussi bien comme joueur que comme homme : « Feyenoord symbolise pour moi la combativité, la ténacité, l’esprit populaire du football. » Un héritage toujours vivant, à l’heure où le Japon rêve de briller à nouveau sur la scène mondiale.