Nagelsmann accusé de « rarement regarder les matches » après l'élimination surprise de l'Allemagne
Par OnzeActu · · 3 min de lecture
Après la sortie choc de l'Allemagne contre le Paraguay (1-1, défaite aux tirs au but) en 32es du Mondial 2026, Didi Hamann a vivement critiqué Julian Nagelsmann, l'accusant notamment de ne pas suivre suffisamment les matches et de ne pas réussir à créer de cohésion d'équipe.
L'élimination surprise de l'Allemagne face au Paraguay (1-1, défaite aux tirs au but) en 32es de finale du Mondial 2026 a déclenché une salve de critiques à l'encontre de Julian Nagelsmann. Ancien international allemand, Didi Hamann a pointé du doigt le sélectionneur après la première défaite de l'Allemagne aux tirs au but de son histoire.
Les faits sportifs sont clairs : Julio Enciso a donné l'avantage au Paraguay juste avant la mi-temps, Kai Havertz a égalisé en début de seconde période, puis aucun but n'a été marqué en prolongation — un but potentiel de Jonathan Tah ayant été annulé après intervention du VAR. La séance de tirs au but a tourné au cauchemar pour l'Allemagne : Havertz a manqué son tir d'entrée, Joshua Kimmich et Jamal Musiala ont réussi les leurs, Nadiem Amiri aussi, mais Nick Woltemade et Jonathan Tah ont ensuite échoué, scellant l'élimination allemande à Boston.
Pour Hamann, la responsabilité revient au coach. « Je pense que le cœur et le courage viennent de l'esprit d'équipe, du fait d'être ensemble, de savoir que l'on peut faire confiance à ses coéquipiers — qu'ils sont là pour vous quand vous en avez besoin », a-t-il expliqué à RTE. « J'ai l'impression que sous ce manager, ce n'a jamais vraiment été le cas. Il y a eu quelques bonnes performances, mais en moyenne, c'est décevant. C'était comme ça à l'Euro, comme ça en qualifications, et comme ça à ce Mondial. »
L'ancien milieu a été plus direct sur les méthodes de travail de Nagelsmann : « On parle toujours de l'ambiance et de l'esprit dans le groupe. C'est bien de le dire, il faut le montrer. Les paroles ne suffisent pas, et je n'ai jamais été convaincu que c'était une équipe unie... et honnêtement, c'est la faute du manager. »
Hamann a ensuite accusé Nagelsmann de ne pas assez observer les joueurs en club, citant plusieurs exemples concrets : « C'est un gars qui regarde rarement les matches. Il n'est jamais allé à Milan regarder Yann Bisseck ; il aurait dû l'emmener au Mondial. Il n'est jamais allé à Brentford en deux ans et demi pour voir Kevin Schade, qui a marqué 10 buts la saison dernière et 10 la précédente. En Bundesliga, il regarde peut-être un ou deux matches par mois. »
Il a aussi reproché au sélectionneur de ne pas s'être déplacé pour des rencontres internationales susceptibles d'être utiles à l'analyse des futurs adversaires : la Coupe d'Afrique des Nations en janvier, le Mondial des clubs, ou encore la présence sur place d'autres entraîneurs tels que Roberto Martínez (Côte d'Ivoire), Thomas Tuchel (Angleterre) ou Didier Deschamps (France). « C'est là que je n'ai aucune sympathie pour lui. L'équipe et lui ont reçu ce qu'ils méritent, et ils rentrent chez eux demain », a conclu Hamann.
Ces critiques tombent après une longue période d'interrogations pour la Mannschaft : hormis une demi-finale à l'Euro 2016, les performances de la sélection depuis le sacre mondial de 2014 sont en deçà des attentes, et l'élimination en quarts à l'Euro 2024 à domicile sous Nagelsmann avait déjà suscité des doutes.
Malgré la pression, Julian Nagelsmann, 38 ans, a exclu toute démission. Au micro de la ZDF, il a déclaré : « Je suis disponible si la DFB le souhaite. Si la DFB ne le veut pas, ils doivent me le dire. Je ne suis pas du genre à fuir, hors de question. Si la DFB le souhaite, alors je préparerai le Championnat d'Europe et la Ligue des Nations. »
L'Allemagne rentre donc plus tôt que prévu du Mondial 2026, et la fédération devra se pencher rapidement sur l'avenir de son sélectionneur et sur les méthodes de préparation d'une équipe qui n'a pas su trouver la continuité espérée.