Mondial 2026 : les supporters allemands en quête d'espoir après l'élimination, Jurgen Klopp en embuscade
Par OnzeActu · · 4 min de lecture

L'élimination prématurée de l'Allemagne au Mondial 2026, conclue par une première défaite aux tirs au but en phase finale, met Julian Nagelsmann sous pression. Les supporters réclament des réponses et voient en Jurgen Klopp une solution possible, tandis que la FFA doit décider entre réformes structurelles longues et un changement de technicien immédiat.
L'impensable est advenu pour les supporters allemands : non seulement une sortie prématurée d'un grand tournoi, mais aussi la première défaite de l'histoire de l'Allemagne en Coupe du monde lors d'une séance de tirs au but. À froid, la question revient sans cesse : la Fédération allemande va-t-elle se résoudre à limoger Julian Nagelsmann et à rappeler, ou à nommer, Jurgen Klopp ?
Nagelsmann, 38 ans et ex-entraîneur du Bayern Munich, a refusé de jeter l'éponge après la défaite en 8es de finale contre le Paraguay, affirmant « je ne suis pas quelqu'un qui s'enfuit ». Mais pour beaucoup de supporters, l'entraîneur ne représente pas l'espoir dont l'équipe a besoin aujourd'hui. Sa communication publique, parfois impatiente et sèche, ne lui a pas rendu service.
Pendant ce temps, Jurgen Klopp, ancien coach de Liverpool et du Borussia Dortmund, est apparu comme la figure charismatique du tournoi sur les plateaux allemands, fidèle à son humour et à son charme. Les fans savent qu'on ne remplace pas 20 joueurs du jour au lendemain ; en revanche, on peut changer d'entraîneur rapidement.
Au réveil après la lourde désillusion de Boston, beaucoup se sont sentis humiliés. Depuis le sacre mondial de 2014, l'Allemagne a connu deux éliminations dès la phase de groupes (2018 et 2022) et vient d'être sortie au premier tour à élimination directe du Mondial 2026.
Si le football domestique allemand se porte bien — stades de Bundesliga pleins, affluences conséquentes même en troisième division — la nation semble perdre du terrain sur la scène internationale. Des talents prometteurs comme Florian Wirtz, Jamal Musiala ou le jeune Lennart Karl (Bayern Munich) peuvent enthousiasmer, mais la profondeur exceptionnelle d'effectif n'est pas, selon les observateurs, au rendez-vous actuellement.
Après les échecs de la fin des années 1990 et du début des années 2000, la Fédération avait lancé des réformes majeures dans la formation et l'encadrement des entraîneurs. Reste à savoir si la fédération saura remettre en œuvre des changements structurels d'envergure une nouvelle fois. Ces transformations demandent du temps — à l'inverse d'un changement de sélectionneur, qui peut intervenir immédiatement.

Sur le plan sportif, plusieurs décisions prises par Nagelsmann sont pointées du doigt : le rappel controversé du gardien Manuel Neuer (40 ans), qui n'a pas toujours été serein pendant le tournoi ; l'utilisation de Joshua Kimmich comme piston droit alors que son rôle naturel est au milieu de terrain ; ou encore la confiance accordée à des joueurs vieillissants comme Leroy Sané et Leon Goretzka.
Le capitaine Joshua Kimmich a, de son côté, exprimé le souhait de voir Nagelsmann rester en place. « Le fait est que nous n'avons pas pu offrir aux gens ce que nous voulions », a-t-il déclaré, en estimant que l'équipe et les joueurs doivent assumer la responsabilité de cet échec. Si la prise de responsabilité des joueurs est louable, nombre d'observateurs estiment que le sélectionneur porte une part importante de la responsabilité de cette campagne décevante.
Le contrat de Nagelsmann, prolongé début 2025, court jusqu'après l'Euro 2028. Le coût d'un licenciement pourrait être élevé pour la Fédération, mais certains estiment que ce serait le prix à payer pour un nouveau départ.
La presse allemande n'a pas ménagé l'équipe nationale. Bild a qualifié la soirée de « prochain cauchemar du football allemand » et d'« humiliation », tandis que le chroniqueur et ancien capitaine Mats Hummels a réclamé des « conséquences » et des discussions tant pour l'entraîneur que pour la fédération. De Welt a parlé d'un « désastre pour Nagelsmann et les joueurs ». Der Spiegel, dans un titre sévère, a estimé que Nagelsmann « voit toutes les erreurs — sauf les siennes », suggérant qu'il répare les problèmes un à un sans voir que le bateau fonce vers l'iceberg.
Une partie de la couverture médiatique s'est aussi attaquée à la réaction du chancelier Friedrich Merz, qui a salué l'engagement de l'équipe sur son compte X, un message jugé maladroit par certains éditorialistes.
La figure de Klopp plane déjà sur toute l'affaire. Avant le premier match, une remarque malheureuse de sa part — il avait évoqué des choix de composition en laissant entendre que Nagelsmann « déciderait toujours » — a fait les gros titres, et il s'en est excusé publiquement. Klopp, qui a rejoint Red Bull en tant que « head of global soccer » début 2025 et a été impliqué dans des décisions importantes au sein des structures du groupe, est régulièrement cité comme une solution possible. Selon la rumeur, il aurait décliné des sollicitations de clubs tels que le Real Madrid, et même s'il déclarait envisager la fin de sa carrière en club, la perspective d'entraîner une sélection nationale comme l'Allemagne pourrait encore l'intéresser.
Au fil d'une carrière où il a sauvé Dortmund de la faillite puis redonné des couleurs à Liverpool, Klopp a prouvé qu'il savait relancer des projets à l'agonie. Pour certains, le moment est venu d'appeler un tel sauveur pour écrire un dernier chapitre glorieusement rédempteur de sa carrière d'entraîneur.
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