Mondial 2026 : chambres vides et annulations de la Fifa — les hôteliers américains inquiets
Par OnzeActu · · 3 min de lecture

À trois semaines de l'ouverture, l'AHLA signale des réservations insuffisantes et accuse la Fifa d'avoir bloqué puis annulé un grand nombre de chambres, générant une flambée des prix puis un vide d'offre. La Fifa dément et assure avoir respecté les accords contractuels.
La Coupe du Monde 2026 devait générer un afflux touristique majeur aux États-Unis. À moins d'un mois du coup d'envoi (11 juin), un rapport de l'American Hotel & Lodging Association (AHLA) remet en cause ces prévisions : les réservations sont « nettement inférieures » aux attentes dans presque toutes les villes hôtes, alerte l'association hôtelière.
L'AHLA, qui représente plus de 32 000 établissements et plus de 80 % des hôtels franchisés aux États-Unis, pointe du doigt la politique de réservation de la Fifa. Selon le rapport, l'instance mondiale aurait massivement réservé des blocs de chambres pour ses besoins, ce qui aurait « fabriqué une demande artificielle » et entraîné une hausse des prix. Une fois qu'un grand nombre de ces chambres a été annulé, les hôtels se retrouvent confrontés à un vide d'offre, affirme l'association.
La Fifa a contesté ces accusations dans un communiqué, assurant avoir respecté les accords passés avec les chaînes hôtelières. « Tous les relâchements de chambres ont été effectués conformément aux délais contractuels convenus avec nos partenaires hôteliers — une pratique standard pour un événement de cette ampleur », a déclaré un porte-parole de la Fifa, précisant que des ajustements avaient souvent été faits en avance pour répondre aux demandes des hôtels.
Au-delà des questions de réservation, d'autres facteurs pèsent sur la demande : prix élevés des billets, coûts locaux de transport et taxes, et climat politique ont pu dissuader des visiteurs. L'AHLA rappelle que les hôtels avaient préparé l'événement pendant des années et réalisé « des investissements significatifs » sur la base des projections officielles.

L'impact économique attendu était pourtant conséquent : une étude commandée par la Fifa l'an dernier estimait que le Mondial pourrait créer 185 000 emplois et générer 17,2 milliards de dollars de produit intérieur brut aux États-Unis. Les hôteliers misaient notamment sur l'arrivée de nombreux supporters internationaux, qui séjournent plus longtemps et dépensent davantage ; l'AHLA met en garde : la baisse du nombre de fans étrangers « menace l'impact économique global ».
L'association précise qu'à Boston, Dallas, Los Angeles, Philadelphie et Seattle, jusqu'à 70 % des chambres réservées par la Fifa auraient été annulées. Les prix, qui ont grimpé après le tirage au sort, ont connu une décrue progressive — environ 20 % de baisse ces dernières semaines selon les observations — mais restent encore élevés dans certaines villes : à Boston, une nuit d'hôtel dépasse toujours les 300 dollars dans de nombreux établissements.
Parmi les supporters, certains adaptent leurs plans. Chris Hancock, fan anglais présent dans plusieurs Mondiaux, explique que son groupe voyage avec un budget hébergement serré (environ 75 dollars par personne et par nuit) et prévoit de loger hors des centres-villes, à 45 minutes ou une heure des stades, en combinant hôtels et locations entre particuliers.
L'AHLA se veut néanmoins prudente optimiste : l'association « s'attend à un renforcement des taux d'occupation en juin et juillet », arguant que beaucoup de fans attendent la confirmation des billets et des calendriers pour finaliser leurs réservations. Airbnb, de son côté, affirme que cet événement est en voie de devenir le « plus grand événement d'accueil » de son histoire, dépassant les Jeux de Paris 2024.
Pour les hôteliers, le scénario le plus favorable serait une montée en charge lors des phases à élimination directe, qui obligeront des fans à réserver à la dernière minute. Mais à ce stade, tout laisse penser que le Mondial 2026 rapportera moins que les prévisions optimistes initiales.