OnzeActuFR
DIRECT
PSG remporte la Ligue des Champions 4-2 · Mbappé Ballon d'Or 2026 favori · Coupe du Monde 2026 : groupes confirmésPSG remporte la Ligue des Champions 4-2 · Mbappé Ballon d'Or 2026 favori · Coupe du Monde 2026 : groupes confirmés
← Retour aux actualités
International

« Mes yeux sortaient de leur orbite » : joies et peines des sélections pour une Coupe du Monde

Par OnzeActu · · 4 min de lecture

« Mes yeux sortaient de leur orbite » : joies et peines des sélections pour une Coupe du Monde

Entre l'extase d'être retenu et la douleur d'une omission, plusieurs anciens internationaux anglais reviennent sur l'instant où leur téléphone a sonné — ou pas — avant une grande compétition. Témoignages croisés de Micah Richards, Stephen Warnock, Joe Hart, Theo Walcott et Martin Keown.

Aucun des joueurs figurant dans une pré-liste de l'Angleterre n'a vraiment le cœur à lâcher son portable lorsque l'annonce finale d'un sélectionneur approche. Pour certains, la sonnerie signifie un voyage au Mondial (ou à l'Euro) ; pour d'autres, elle scelle l'été passé à la maison. Cinq anciens internationaux et pundits de la BBC racontent ces moments décisifs qui peuvent à la fois offrir l'apogée d'une carrière ou marquer une profonde désillusion.

Micah Richards – « Je voulais juste pleurer »

Deux jours après le sacre de Manchester City en Premier League en mai 2012, Micah Richards pensait continuer la fête en apprenant sa place pour l'Euro. Titulaire régulier à City (23 titularisations cette saison-là) et rappelé lors du match précédent sous Stuart Pearce, Richards se voyait en Ukraine et Pologne. Quand son portable a sonné, c'était pourtant le nom de Pearce qui s'affichait. Ce dernier lui a appris que Roy Hodgson ne le prendrait pas. Richards, bouleversé, a d'abord cru qu'il s'agissait d'une erreur : on lui proposait une place de suppléant et, dans le même temps, la possibilité d'être retenu pour les JO de Londres avec Pearce. Choisissant l'Olympiade, il a ensuite vu la presse déformer l'histoire et, surtout, il ne sera plus rappelé par Hodgson. Richards est passé d'un rêve de 70–80 sélections à une carrière internationale arrêtée à 13 caps, sa dernière apparition datant de ses 23 ans.

Stephen Warnock – « Je ne m'attendais pas à y aller »

En 2010, alors qu'Ashley Cole était le titulaire indiscutable au poste de latéral gauche, Stephen Warnock figurait dans la pré-liste et a passé la journée du choix à attendre l'appel annoncé. Malgré une cheville en délicatesse et l'absence de minutes lors des matchs amicaux de préparation contre le Mexique et le Japon, Warnock a tout mis en œuvre pour convaincre en camp d'entraînement : soins répétés et entraînements en se contentant d'être strapé. Ce fut finalement Franco Baldini, adjoint de Fabio Capello, qui l'appela pour lui annoncer sa sélection. On lui expliqua qu'on appréciait son professionnalisme et son attitude, et qu'il serait un remplaçant idéal. Curieusement, un indice public avait déjà fuité la veille : l'équipementier Umbro avait fait peindre des fresques « tailored by » avec les numéros des joueurs, et l'une d'elles portait le numéro de Warnock.

Joe Hart – « J'étais prêt, valises faites »

Image

Gardien le plus capé d'Angleterre au moment des qualifications pour le Mondial 2018 (75 sélections et titulaire des dix matches de qualification), Joe Hart n'imaginait pas être laissé de côté. Pourtant, lors de l'annonce finale, Gareth Southgate l'a informé la veille qu'il ne serait pas du voyage et qu'on retenait Nick Pope à la place, alors non capé. Hart se souvient qu'il était « prêt, les valises faites », et qu'apprendre l'omission a été un choc violent. Il a ensuite tenté de prendre du recul — jouant même au cricket chez lui — et a encouragé l'équipe, mais constate aujourd'hui que cette décision a mis fin à son parcours chez les Three Lions.

Theo Walcott – « Mes yeux sortaient de leur orbite »

Probablement l'une des sélections les plus étonnantes, celle de Theo Walcott à 17 ans pour la Coupe du Monde 2006 par Sven-Göran Eriksson reste dans les mémoires. Sans avoir joué de minute en Premier League, Walcott, en train de passer son examen du code de la route (téléphone éteint), a appris la nouvelle par son père et avoue avoir été sidéré : « mes yeux sortaient de leur orbite ». Il ne jouera pas une seule minute en Allemagne en 2006. Quatre ans plus tard, pour le Mondial 2010, l'issue fut différente : en pleine partie de golf, Walcott reçut l'appel de Capello lui annonçant qu'il ne partirait pas pour l'Afrique du Sud. Très déçu, il avoue avoir eu une larme, avant de se lancer dans « la meilleure partie de golf » qu'il ait faite.

Martin Keown – « Nous étions assis autour de la piscine »

L'exemple de Glenn Hoddle en 1998 illustre le risque d'une annonce en face-à-face. Dans une tentative de communication personnelle, Hoddle fit venir les joueurs en entretien individuel pour réduire son groupe. L'approche tourna mal lorsque Paul Gascoigne, informé de son omission, vola en crise et détériora la chambre du sélectionneur. Martin Keown, appelé peu après, fit son entrée dans une pièce en désordre et apprit à ce moment-là qu'il figurait dans la sélection pour la Coupe du Monde. Keown en tire la leçon : parfois, un coup de téléphone, aussi impersonnel soit-il, évite des scènes plus dramatiques.

Ces témoignages montrent à quel point l'annonce d'une sélection peut basculer entre euphorie totale et détresse profonde. Pour les joueurs, c'est souvent un instant décisif, qui marque bien au-delà de l'été concerné — pour le meilleur comme pour le pire.

Partager

📰Articles similaires