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Christian Eriksen : Comment les sportifs vivent-ils avec un défibrillateur cardiaque après un problème cardiaque ?

Par OnzeActu · · 4 min de lecture

Christian Eriksen : Comment les sportifs vivent-ils avec un défibrillateur cardiaque après un problème cardiaque ?

Après son arrêt cardiaque en plein match à l’Euro 2020, Christian Eriksen porte un défibrillateur cardiaque implantable (ICD) qui peut lui sauver la vie en cas de nouvelle anomalie. Si certains championnats autorisent les joueurs avec ce dispositif à poursuivre leur carrière, cette décision reste complexe et dépend des risques, des avis médicaux et du choix personnel du sportif.

Christian Eriksen a vécu un moment de grande inquiétude dimanche lors de la victoire amicale du Danemark contre l’Ukraine (2-1). Le milieu danois, équipé d’un défibrillateur cardiaque implantable (ICD) depuis son arrêt cardiaque survenu à l’Euro 2020, s’est effondré sur la pelouse. Appareil relié à son cœur, l’ICD permet de rétablir un rythme cardiaque régulier grâce à un choc électrique en cas de détection d’une anomalie grave. « Le pacemaker a réagi comme prévu », a confirmé le médecin de la sélection danoise, Morten Boesen. L’image d’Eriksen au sol, entouré de ses coéquipiers visiblement bouleversés et soigné par le staff médical derrière un rideau, a rappelé le choc vécu par le monde du football voilà près de trois ans.

Qu’en est-il aujourd’hui du retour à la compétition pour des athlètes porteurs d’un ICD, quels risques cela comporte-t-il et que se passe-t-il quand le dispositif se déclenche ?

L’implantation d’un ICD, un boîtier de la taille d’un téléphone portable relié au cœur par des fils, peut résulter de diverses pathologies : insuffisance cardiaque, maladies coronariennes ou troubles du rythme. Selon la nature exacte de la maladie, une reprise du sport de haut niveau peut parfois être envisagée. « Chaque cas est unique, souligne le docteur Amanda Lahti, spécialisée en médecine du sport. La décision est collective, impliquant le club, le joueur, son agent et des experts médicaux. Ils évaluent les risques et bénéfices potentiels. Mais en dernière instance, le joueur a toujours le dernier mot, et il souhaite rarement arrêter sa carrière, acceptant des risques que d’autres refuseraient. »

À noter que certains championnats comme la Serie A interdisent formellement aux joueurs avec ICD de participer à des rencontres officielles. En revanche, la Premier League, où Eriksen a joué avec Brentford puis Manchester United, procède à des évaluations individualisées. FIFA, UEFA ainsi que la Bundesliga, où Eriksen a évolué la saison dernière avec Wolfsburg, autorisent les joueurs porteurs d’ICD à disputer leurs compétitions.

Le regard médical sur ce dossier a évolué. « Autour des années 2000, on interdisait totalement toute pratique sportive, même amateur. Puis, certains athlètes ont défié cette interdiction et l’ICD s’est montré plus efficace que prévu. Ces appareils modernes supportent les contacts physiques et délivrent rapidement leur choc, même s’ils ne garantissent pas une survie à 100 %. »

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L’inquiétude principale des patients est la crainte que l’appareil se déclenche en pleine activité. L’ancien joueur de cricket anglais James Taylor, diagnostiqué d’une maladie cardiaque génétique et équipé d’un ICD avant de prendre sa retraite à 26 ans, raconte : « Plutôt que d’en avoir peur, il faut le voir comme un ami qui peut vous sauver la vie. La première fois que le mien s’est déclenché, j’étais sur scène. J’ai ressenti une explosion dans la poitrine qui m’a projeté en arrière, c’était impressionnant. »

Ces défibrillateurs peuvent aussi occasionner des chocs inappropriés, déclenchés à tort par exemple à cause d’un bruit externe : « Une fois, mon ICD a détecté un rythme cardiaque à 500 battements par minute, alors qu’il s’agissait de la pompe de la piscine. J’ai été propulsé dans l’eau, paniquant d’être malade, mais tout allait bien. » Taylor utilise un appareil permettant de télécharger à distance les données de son ICD pour un suivi médical continu. Malgré ces incidents, ce dispositif lui offre une confiance lui permettant de pratiquer des sports comme le golf ou le padel.

Pour d’autres sportifs, le dilemme est immense. Clive Clarke, ancien footballeur de Leicester City, fitted d’un ICD après un arrêt cardiaque en 2007, explique avoir repris l’entraînement mais choisi d’arrêter sa carrière, craignant les risques personnels et l’impact sur ses coéquipiers : « J’avais une famille jeune, et malgré l’envie de jouer encore, je n’étais pas prêt à repousser mes limites à ce risque. »

Clive Clarke souligne aussi l’effet psychologique et social de vivre avec un ICD : « C’est rassurant, mais le fait que l’appareil puisse se déclencher vous isole parfois. Par exemple, si ça arrive, vous perdez votre permis de conduire temporairement. J’en suis à mon troisième ICD. Je ne suis pas certain que les joueurs devraient être autorisés à jouer avec un tel dispositif, car il faut penser aussi au stress que cela engendrerait pour leurs coéquipiers et le staff en cas d’incident grave. »

Ainsi, malgré les avancées médicales et technologiques, la poursuite d’une carrière sportive d’élite avec un ICD reste un choix délicat, à la croisée entre passion, risques sanitaires et responsabilités collectives.

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